“ C’est la réhabilitation d’un homme ”

Nouvelle République du 20/01/2018

Nicolas Boucaud incarne le lieutenant qui envoie Emmanuel Pairault (incarné par Tom Le Squer, au second plan) devant le peloton d’exécution.

J’ai arrêté de dire que j’allais jouer un salaud… Dans la pièce « Emmanuel P., fusillé pour l’exemple » conçue dans le Lochois par le Rêve à l’Envers et qui sera jouée mi-février à Ligueil, Nicolas Boucaud n’a pas le beau rôle. Il incarnera le lieutenant François de Roquefeu qui envoie le soldat Emmanuel Pairault devant le peloton d’exécution en 1915, par vengeance personnelle.
Nicolas Boucaud a rejoint l’équipe qui donne tout pour cette pièce, inspirée d’un fait réel, ayant reçu le label national « Centenaire 1914-1918 » et le soutien du ministère des Armées. Le comédien se refuse à juger son personnage : « J’aborde le rôle avec bienveillance. Et plus ce sera le cas, plus je serai au service de la pièce. Je construis le personnage en me demandant ce qui fait qu’une personne parvient à un moment donné de sa vie à être abominable ».
Avec la metteure en scène Pascale Sueur et l’historien lochois Bernard Briais, auteur de la pièce, il était dans le Lochois dernièrement pour approfondir cette dimension. « On a souvent dit de moi que j’étais un acteur physique, jouant avec le corps pour aborder un rôle, explique Nicolas Boucaud. En tant qu’acteur, j’ai à la fois une dimension très fragile et, en moi, une partie plus dure. Je m’efforce, pour cette pièce, de mettre ma partie fragile au service de ce côté plus rude. »
A 30 ans, Nicolas Boucaud a une vie déjà riche derrière lui. Commercial de métier, il a tout plaqué il y a quelques années par amour du théâtre. « Je bossais à plein-temps, se souvient le comédien. Cinquante heures par semaine. Je gagnais bien ma vie, mais je commençais à en avoir assez. Je me suis dit : si tu ne le fais pas maintenant, tu ne le feras jamais. » Il a d’abord pris des cours de théâtre à Nantes, puis à Paris, avant de commencer une carrière d’acteur, à la fois sur les planches et, plus récemment, au cinéma.

Engagement

Engagé à fond dans le projet lochois, Nicolas Boucaud bâtit peu à peu son personnage. « Il faut absolument que mon personnage soit crédible pour que l’histoire tienne le coup, conclut-il. Je prends cette pièce avec beaucoup de responsabilité. C’est la réhabilitation d’un homme, Emmanuel Pairault. Et aussi la réhabilitation de tous ces hommes » fusillés pour l’exemple, broyés par la Première Guerre mondiale.
Signe que le sujet, fort, rencontre un écho particulier : parmi ceux qui ont contribué financièrement au projet à ce jour, on compte l’association des déportés et internés résistants et patriotes et familles du Lochois. Un beau symbole.

> Financement participatif : chacun peut contribuer financièrement à ce que la pièce voie le jour. On peut donner à partir de 10 € jusqu’à… sans limite.


> Lien vers la billetterie

Réalisation : TIC'Clic by François Poidevin   

D'après une création graphique originale de Marcus Bell

Crédits photos "Le Rêve à l'Envers", Stéphane Desiré, Marie Tardiveau

Illustrations, Topaz

© novembre 2017 | Cie Le Rêve à l'Envers

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