Fusillé pour l’exemple : “ Défendre un homme qui a existé ”

Nouvelle République du 06/01/2018

« C’est la première fois que je joue la pièce d’un historien. C’est un honneur de participer à une création de A à Z », explique Olivier Collignon, en plein travail avec l’auteur, Bernard Briais. 

Sous peu, aura lieu à Ligueil la première de la pièce lochoise hors norme sur un Poilu condamné à mort. Rencontre avec celui qui incarnera son avocat.

A l’origine, il y allait pour une audition. Pour un autre rôle. Quelques heures plus tard, il est ressorti de la célèbre salle de spectacle parisienne du Palais des glaces avec les habits d’un Poilu, instituteur de profession, chargé au pied levé d’assurer la défense d’un autre soldat de la guerre de 14 injustement poursuivi pour « abandon de poste ». Depuis ce jour de juin dernier, dans la pièce de théâtre « Emmanuel P. fusillé pour l’exemple », conçue dans le Lochois à partir d’une histoire vraie, Olivier Colignon est devenu le sous-lieutenant Moreau. Corps et âme.
« Dès le départ, le projet m’a semblé fort et m’intéressait », raconte le comédien, de passage dans le Lochois pour travailler avec l’auteur, l’historien Bernard Briais, et la metteure en scène Pascale Sueur. « Mais, au Palais des glaces, j’ai pris une claque. Les documents originaux du procès d’Emmanuel Pairault ont circulé parmi les comédiens. J’ai commencé à avoir les mains qui tremblaient, d’avoir la vie de cet homme entre mes mains. » En quelques questions, commence et se termine le procès. Et la vie d’un soldat de 23 ans s’achève avec lui.

“ Une responsabilité gigantesque ”

A 24 ans, Olivier Colignon a déjà dix-sept années de théâtre derrière lui. Depuis 2014, ce Lyonnais fréquente à Paris l’atelier de théâtre professionnel Blanche Salant, qui a vu passer François Cluzet ou encore Vincent Cassel. « En tant que comédien, on rêve d’un projet comme “ Emmanuel P. fusillé pour l’exemple ”, explique-t-il. Un projet porteur d’histoire, de message et de sens. Là, nous, les comédiens, on ne joue pas. On défend tous quelqu’un qui a existé. C’est une responsabilité gigantesque. »
Comme les autres comédiens, Tom Le Squer, Denis Cherer ou encore Claire Laot, Olivier Colignon s’est constitué tout un bagage lui permettant de se glisser dans la peau d’un Poilu, et plus précisément de ce Poilu-là : « Je n’avais jamais fait un tel travail documentaire pour préparer un rôle. La tranchée, je la vois. Je vois le bout de bois qui, dans le coin, l’étaie. Je vois le sol boueux… »
Au-delà du sujet, immense, la troupe a un autre défi à relever. Les comédiens auront deux semaines, pas plus, à compter du 4 février, pour répéter avant la première prévue le 17 février à Ligueil. Mais tous connaissent déjà leur partition. Celle d’un destin qui les dépasse, ancré au plus profond d’eux-mêmes.

> Financement participatif : chacun peut contribuer financièrement à ce que la pièce voie le jour. On peut donner à partir de 10 € jusqu’à… sans limite.


> Lien vers la billetterie

Réalisation : TIC'Clic by François Poidevin   

D'après une création graphique originale de Marcus Bell

Crédits photos "Le Rêve à l'Envers", Stéphane Desiré, Marie Tardiveau

Illustrations, Topaz

© novembre 2017 | Cie Le Rêve à l'Envers

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