Fusillé pour l'exemple : une reconnaissance nationale

Nouvelle République du 03/03/2017

La comédienne et metteure en scène Pascale Sueur ainsi que l'historien Bernard Briais ont un atout de poids à ajouter à leur sujet particulièrement fort.

La pièce sur un poilu de Bernard Briais et Pascale Sueur a décroché le soutien national de la Mission du centenaire de 14-18. Un label qui lui donne du poids.

Le sujet est fort. Délicat, aussi. C'est l'histoire vraie du poilu Emmanuel Pairault, fusillé pour l'exemple le 9 octobre 1915 à l'âge de 23 ans. Le dossier de sa demande de réhabilitation est arrivé dans les mains de l'historien lochois Bernard Briais.
La bravoure du jeune soldat ne fait guère de doute. Tout comme le fait qu'il a été victime d'une vengeance de la part de son supérieur, mais la famille de Pairault n'a jamais obtenu que la Justice le blanchisse.
Avec l'aide de l'artiste professionnelle Pascale Sueur, dont la compagnie du Rêve à l'envers est basée à Ligueil, Bernard Briais a sorti de l'oubli ce destin broyé au cœur d'une guerre dont on commémore le centenaire jusqu'en 2018 (1).
Il en a fait une pièce de théâtre sombrement intitulée « Emmanuel P. fusillé pour l'exemple ».

Depuis 2015, la metteure en scène et l'historien se battent pour faire vivre leur projet. Ils viennent de franchir une étape capitale : le 10 février, ils ont obtenu le label national de la Mission du centenaire de la Première guerre mondiale.
Selon la Mission elle-même, ce soutien « récompense les projets les plus structurants ou innovants[…] dans le cadre des commémorations du centenaire ». Il permet aux dossiers ainsi labellisés de figurer sur le programme national des événements officiels. Et, éventuellement, de décrocher un financement de la part de la Mission du Centenaire.
« C'est la reconnaissance de la valeur de notre projet », se réjouissent Pascale Sueur et Bernard Briais.

L'année des mutineries

Par son sérieux, cet agrément est un atout et un argument de poids pour la pièce de théâtre qu'ils défendent.
Jusque-là, Pascale Sueur et Bernard Briais ont multiplié les contacts pour trouver des appuis financiers, sans grands résultats.
Est-ce le thème, sensible, de la pièce ? Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, les porteurs du projet espèrent que l'obtention du label national mettra en confiance les collectivités locales. Pascale Sueur a repris son bâton de pèlerin pour convaincre les élus, mais aussi les mécènes privés qui pourraient être intéressés.
La dynamique est là. Si elle aboutit, la pièce pourrait être jouée avant la fin de l'année (2). Ce qui serait symboliquement fort : il y a un siècle, 1917 fut l'année des mutineries sur le front. Pour couronner le tout, un comédien professionnel de notoriété nationale pourrait même figurer au casting…

(1)La NR a raconté la naissance de ce projet dans un article paru le 11 novembre 2015. (2)La pièce s'accompagnerait également d'un travail auprès des collégiens et des lycéens.


 

Pierre Calmeilles

Réalisation : TIC'Clic by François Poidevin   

D'après une création graphique originale de Marcus Bell

Crédits photos "Le Rêve à l'Envers", Stéphane Desiré, Marie Tardiveau

Illustrations, Topaz

© novembre 2017 | Cie Le Rêve à l'Envers

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