On peut tous redonner vie au poilu fusillé pour l’exemple

Nouvelle République du 05/12/2017

La metteure en scène  Pascale Sueur (à  droite)  et les deux comédiens préparent Rachelle Vauloup pour le tournage.

La pièce lochoise sur un soldat de la guerre de 14 fusillé pour l’exemple passe un nouveau cap. L’équipe lance une campagne de financement participatif.

Et la musique fit place au son de la mitraille… Tout commence sur une douce mélodie, un cadre bucolique et des scènes de vie familiale heureuse – un jeune homme, une jeune femme, leur petite fille. Mais le jeune homme, en voix off, lit une lettre aux deux femmes de sa vie. Le ton est grave. Rapidement, on comprend que ces images parlent d’un temps à jamais perdu. « C’est fini pour moi… Condamné à mort pour une faute que je n’ai pas commise. » Peu à peu, des bruits de pas, cadencés. On imagine le peloton d’exécution qui se met en place. « Ma dernière pensée, demain, sera pour vous. » Soudain, les coups de feu déchirent les souvenirs.
La guerre est invisible et pourtant, elle a tout pris. Ce clip vidéo évoque l’histoire d’Emmanuel Pairault, fusillé pour l’exemple à l’âge de 23 ans, au cours de la Première Guerre mondiale. Ou plutôt, il donne l’âme de la pièce de théâtre, intitulée « Emmanuel P. fusillé pour l’exemple », que cette histoire vraie a inspirée à l’historien lochois Bernard Briais et à la metteure en scène Pascale Sueur. Au cœur de l’humain. Ces images, tournées cet été par le Castelroussin Maxime Dollo (1), signent une nouvelle étape dans la création de la pièce : la compagnie Le Rêve à l’Envers lance une opération de financement participatif (lire ci-dessous). Chacun peut désormais contribuer à ce que ce projet fort voie le jour.

Première représentation en février

Depuis le début, toute l’équipe de la pièce paraît transcendée par l’ampleur de ce drame humain. « On a la chance d’avoir une équipe extraordinaire qui se sent une dette morale envers Emmanuel Pairault, commente Pascale Sueur. Tom Le Squer, qui interprétera Pairault, est allé à Verdun. Il a regardé beaucoup d’images d’archives sur la guerre de 14-18. En ce moment, il se nourrit des sons du conflit. Il est en train de construire sa propre vision de la guerre à partir de tout cela. »
Grâce à l’intervention de l’adjoint de Loches chargé de l’économie culturelle Jean-Paul Teston, la pièce a reçu le label national Mission centenaire Grande Guerre 1914-1918 (2). La première représentation est programmée à Ligueil le 17 février prochain. Par hasard – mais y a-t-il un hasard dans ce projet hors du commun ? – ce sera le jour anniversaire de la naissance d’Emmanuel Pairault, jeune soldat à la vie brisée par l’injustice des temps de guerre.


(1) A Châtillon-sur-Indre sur une parcelle enchanteresse appartenant à Lucille Péricat. (2) La pièce est soutenue financièrement par la Ville de Ligueil et la réserve parlementaire de l’ex-sénatrice Stéphanie Riocreux.

Pour contribuer

> Sur internet. On peut donner à partir de 10 € jusqu’à… sans limite. Sur le site de crowdfunding HelloAsso  https ://www.helloasso.com/associations/le-reve-a-l-envers


> Par chèque. A l’adresse suivante : La compagnie Le Rêve à l’Envers, 46 bis rue des AFN, 37240 Ligueil.

Réalisation : TIC'Clic by François Poidevin   

D'après une création graphique originale de Marcus Bell

Crédits photos "Le Rêve à l'Envers", Stéphane Desiré, Marie Tardiveau

Illustrations, Topaz

© novembre 2017 | Cie Le Rêve à l'Envers

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