STAGE DE THÉÂTRE - COMME SI C'ÉTAIT VRAI par Pascale Sueur

Ouvert aux  comédiens amateurs et professionnels, 10 personnes maximum

"Non, ce n'est pas  moi qui parle !" Voilà ce que disait Jacques Dufilho dirigé par Jean-Laurent Cochet dans « Le Gardien » d’Harold Pinter. Cette phrase résume exactement le travail que je vous propose pour ce stage.
L’acteur ne fait pas « des choses » avec un texte, mais fait en sorte que les choses se fassent... Comme un individu dans la vie, il se met à parler par ce qu’il pense, écoute, ressent puis formule. Tout existe avant la parole. Aucune notion de ton, mais une autre, essentielle pou le jeu : la pensée. Sensible, s’acharner à être sensible... Chercher et puiser dans sa mémoire émotionnelle pour servir le texte, ne pas jouer mais être. C’est donc un travail d’interprétation sensible que je vous propose avec pour supports des textes de différents styles et de différentes époques.

Stage week-end

Samedi : 10h - 13h / 14h30 - 18h

Dimanche : 10h - 13h / 14h30 - 18h

Tarif : 85€

Adhésion et  cotisation à l'association : 10€

STAGE DE MISE EN VOIX - LIRE A VOIX HAUTE par Pascale Sueur

10 personnes maximum

Le bonheur de partager un texte que l'on aime, roman, nouvelle, théâtre, poésie. La lecture à voix haute est un moment particulier où le lecteur se place entre deux états : celui de lecteur et celui d'interprète. Son rôle premier est  de transmettre la signification du texte, la pensée de l'auteur et de restituer cette pensée, ce sens, le plus fidèlement possible. Cette lecture devra être aussi sensible.

Le travail se place donc à plusieurs niveaux : sens, style, diction, respiration, phrasé... Phrasé, mot important. Le lecteur va chercher un phrasé qui correspond à celui de la pensée et non celui de la ponctuation, celle-ci étant un repère pour l'écriture et la  lecture intérieure et non pour la lecture à  voix haute. Cela est tout à fait flagrant en poésie. Trouver ainsi une liberté, un plaisir, une aisance pour avoir la joie de partager une lecture avec un public.

Durant ces ateliers de "Mise en voix", c'est un exercice nombreux, passionnant que je vous propose, qui nous permet de voyager "en littérature".

Je vous propose donc une sorte "d'invitation au Voyage"...

Stage journée

Samedi : 10h30 - 12h / 14h - 17h30

Tarif : 45€

Adhésion et  cotisation à l'association : 10€

Pour appuyer l’esprit du travail proposé pour ces ateliers théâtre et lecture, je vous invite à découvrir
quelques extraits du “Comédien désincarné" de Louis Jouvet.

Chapitre texte et jeu

... Il faut placer la sensation avant tout autre travail...

... Le lecteur, l’acteur qui lit, il faut qu’il sache qu’il a un travail général de “montage” à faire, un accord, un agencement... Il faut pouvoir jauger, mesurer, apprécier la réplique (le texte) pour en faire ensuite une amorce, une provocation dans un sens voulu, calculé, accordé...

... L’idée fleurit de la sensation de l’écrivain. Chez l’acteur, l’idée se transforme en sensation mais la sensation ignore ce qu’elle signifie... Je dis sensation, c’est aussi sentiment; la sensation physique liée à un état sentimental ; c’est une équation, dont le résultat est expression écrite chez l’auteur, expression dite, mimée, sonorisée chez l’acteur...

... Le sens, l’idée naissent chez le poète du sentiment; chez le comédien, il rétrograde, il remonte à la source, et sautant par-dessus l’idée et le sens, par des moyens à lui, par un mécanisme à définir d’ailleurs, mais qui est long et personnel et innombrable par ces cas, il va retourner à la sensation... à force de concentration, de ré-imagination   Le texte de l’auteur est pour le comédien une transcription physique.

Il cesse d’être un texte littéraire. Le texte en lecture met l’acteur dans un état physique...

... Le texte est une écorce desséchée. Vivant il l’est au moment où le poète le trace sur le papier, où il en est saisi en lui-même.

Pour l’acteur, il est l’indication d’un état sensible, la trace d’une sensibilité en état de création mais abolie, le moyen de recopier cet état de création pour pouvoir proférer au lieu d’écrire. Le jeu du comédien, autre forme d’une écriture exécutive, d’exécution, d’action, c’est l’écriture du poète, la création utilisée à ses fins. Le texte est une trace de l’inspiration du poète...

Il faut commencer par la sensation.

Analyse d’un texte par sensation, par son nombre, par son rythme, par son phrasé, par sa respiration... On peut ensuite s’interroger sur le sentiment, sur sa valeur...

... Cette phrase dite qui est la matière animée, comme l’argile n’est matière spirituelle que lorsqu'elle est pétrie avec âme, avec la chaleur sensible des mains de celui qui cherche forme...

... Chercher à pénétrer, à atteindre le sens et le sentiment d’une œuvre...

... L’attention, l’attention totale, cette concentration où le corps ne participe plus, cette réceptivité, est ce qu’il faut d’abord considérer. Ecouter, tendu, jusqu’à être vide de soi... Ce vide de soi, nécessaire pour s’emplir du sens de l’œuvre, ce vide nécessaire à toute opération sensible, c’est l’important. Apprendre cela, s’apprendre à soi-même. Déménager de son esprit, de ses sens, tout ce qui pourrait gêner cette audition... ce vide est une attitude, ce n’est pas une réalité ; c’est une manière et disposition de l’esprit et de la sensibilité...

L’art de prononcer, l’art de dire, conjointement à l’art de respirer; l’art de laisser monter en soi le sentiment, l’art de s’écouter, l’art de s’entendre en même temps, pour atteindre une diction tempérée, soutenue, maintenue dans un sentiment, lequel, en ayant conscience, que l’on sait surveiller en soi et répandre comme il faut, pour le bénéfice exclusif d’un texte. En tout cas il faut toujours dire le texte comme il est écrit.

Comment un texte est-il écrit ? Quelle est la nature du sentiment de l’écrivain ? C’est question à laquelle, si l’on a affaire à un poète, on ne peut donner de réponse qu’après de longues répétitions, de longs exercices, où il faut savoir s’entendre et s’écouter; identification du sentiment subi par le comédien, créé dans le poète, éprouvé par le spectateur; c’est la coïncidence, l’unisson parfait.

Réalisation : TIC'Clic by François Poidevin   

D'après une création graphique originale de Marcus Bell

Crédits photos "Le Rêve à l'Envers", Stéphane Desiré, Marie Tardiveau

Illustrations, Topaz

© novembre 2017 | Cie Le Rêve à l'Envers

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